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C’est fini, Il ne me pardonnera plus

Par Séverine · 7 min de lecture

SpiritualitéPsychologie Islamique
C’est fini, Il ne me pardonnera plus

Introduction

Il arrive un moment où cette pensée s’impose, lourde, presque définitive.
Après une faute. Après une rechute. Après une promesse intérieure brisée.

Ce n’est plus seulement de la tristesse.
C’est une conviction silencieuse : cette fois, c’est trop.

Et pourtant, cette pensée ne vient pas d’Allah.

Le waswas et la voix qui accuse

Le waswas ne dit pas toujours : “Pèche encore.”
Parfois, il murmure autre chose :
“Regarde-toi. Tu reviens encore. Tu n’es pas sincère. Allah ne veut plus de toi.”

Cette voix utilise la faute pour attaquer la relation.
Elle transforme le péché en preuve d’exclusion.

Or Allah dit :

« Certes, Allah aime ceux qui se repentent, et Il aime ceux qui se purifient. »
(Sourate Al-Baqara, 2:222)

Le waswas pousse à fuir.
Allah, Lui, appelle à revenir.

Le désespoir ne vient pas de la Rahma.
Il naît d’une perception altérée d’Allah.

Culpabilité saine et culpabilité toxique

Il existe une culpabilité qui rapproche d’Allah : le remords sincère.
Et une autre qui paralyse : l’auto-condamnation.

Le Prophète ﷺ a dit :

« Le regret est le repentir. »
(Hadith authentique – rapporté par Ibn Mâjah, n°4252, jugé hasan par al-Albânî)

Le remords ouvre un chemin.
L’auto-condamnation, elle, ferme toutes les portes.

Quand tu te dis : “J’ai fauté, j’ai besoin d’Allah”, ton cœur est vivant.
Quand tu te dis : “Je suis irrécupérable”, ce n’est plus un regret, c’est une attaque contre la Rahma.

Al-Ghaffâr, At-Tawwâb

Allah ne se présente pas seulement comme Celui qui pardonne.
Il Se nomme Al-Ghaffâr : Celui qui pardonne encore et encore.
Et At-Tawwâb : Celui qui accueille le retour, même répété.

Ces Noms ne sont pas théoriques.
Ils répondent à une réalité humaine : la rechute, la faiblesse, la non-linéarité.

La foi n’est pas une ligne droite.
Elle connaît des élans, des chutes, des silences, des retours.

Et Allah le sait.

C’est pour cela qu’Il dit :

« Ô Mes serviteurs qui avez commis des excès contre vous-mêmes, ne désespérez pas de la miséricorde d’Allah. Certes Allah pardonne tous les péchés. »
(Sourate Az-Zumar, 39:53)

Tous.
Sans condition cachée.
Sans seuil invisible.

Tant que tu respires, la porte n’est pas fermée

La sincérité n’est pas l’absence de rechute.
La sincérité, c’est continuer à revenir malgré la honte, malgré la fatigue, malgré la peur de ne plus être acceptée.

Le Prophète ﷺ rapporte qu’Allah dit dans un hadith qudsî :

« Ô fils d’Adam, tant que tu M’invoques et que tu espères en Moi, Je te pardonne pour ce que tu as fait, sans M’en soucier. »
(Rapporté par At-Tirmidhî, n°3540 – hadith hasan)

Ce qui ferme la porte, ce n’est pas le péché.
C’est de croire qu’Allah l’a fermée.

Revenir à Allah n’est pas une performance morale.
C’est un mouvement du cœur.

Et ce mouvement, même fragile, même hésitant, est déjà une réponse à Son appel.

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